29 avril 2015

DU RIFIFI AU BARREAU DE PARIS

Du rififi chez certains hommes et femmes du Barreau de Paris, pour paraphraser certains des romans d’Auguste le Breton, voilà ce dont il est question dans ce billet d’humeur.

De ma lointaine province, et même du fin fond de ma chère Provence, que n’ai-je lu ces dernières semaines, notamment dans la Gazette du Palais, sur des confrères du Barreau de PARIS qui utilisent entre autres cette revue fort instructive au demeurant, pour se répandre en propos que notre principe de délicatesse réprouve pourtant !

Des déclarations de candidatures, des billets d’humeurs sur telles ou telles « manigances » mises à jour, des droits de réponses, et autres libelles de proclamations, d’accusations voire d’anathèmes lancées par tels ou tels, contre tels ou tels autres…

Confrères parisiens, le pouvoir suprême et manifestement si convoité que doit constituer le Bâtonnat de notre chère capitale, vous oblige-t-il à répandre sur la place publique de telles accusations entre vous ?

Avez-vous oublié que, malgré tout, malgré ce, nous sommes confrères, tenus à des devoirs qui devraient nous dissuader de détruire définitivement nos réputations professionnelles ?

Estimez-vous utile de rendre publiques, sinon vos candidatures (car il le faut bien, tout de même !) à tout le moins vos reproches contre tels ou tels, et autres billevesées?

Que croyez-vous que pensent les confrères d’autres barreaux, de ces intrigues de Cour parisienne ?

Qu’en pensent d’ailleurs ceux de votre propre barreau ?

Il faudrait sans doute, avant de prendre la plume, se poser quelques secondes ces questions…

Que le Barreau le plus puissant de FRANCE marque par ces candidatures et ces travers de propos peu amènes, autant de désunion, ne manque pas d’interroger ceux qui, comme moi, s’inquiètent pour l’avenir de notre profession.

A l’heure d’une indispensable cohésion de notre profession face à ses enjeux, face à nos pouvoirs publics, comment interpréter autant de violence inter partes ?

Certes, il y a fort heureusement le CNB, notre instance suprême nationale, qui « couvre » le Barreau de Paris de tels excès.

Mais lorsque l’on sait que ce dernier a non seulement une réelle prépondérance dans le fonctionnement du CNB, tout autant que voix au chapitre dans tels ou tels salons ou cabinets ministériels, nous pouvons avoir des raisons de nous inquiéter…

Confrères parisiens, reprenez-vous donc.

Faites campagne comme il vous plaira, mais gardez-vous de tous excès.

Pensez aux lendemains d’élections, à ces jours difficiles que vous aurez à gérer soit dans vos cabinets si vous n’êtes pas élus, soit aux commandes de votre Ordre si vous avez le bonheur, et surtout la responsabilité, de l’être.

Vous aurez alors besoin du concours de tous, de vos opposants d’hier, mais aussi et surtout de la base silencieuse des Avocats de votre Barreau, pour les difficiles enjeux et combats qui se présentent déjà devant nos portes.

Pour ce qui concerne les simples avocats de province que nous sommes, nous espérons que vos enjeux de pouvoir n’auront aucune répercussion néfaste sur le fonctionnement de notre instance nationale (le CNB), qui a bien besoin d’un fonctionnement unitaire, en ces temps troublés…

Philippe CANO

Avocat au Barreau d’AVIGNON

Associé SCP CANO

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